19/01/2010

Comme le temps passe vite. Ce post date de janvier 2009

« Monsieur Armand Riflache, pourquoi avoir fermé votre restaurant aussi longtemps ? ». « Une erreur de jeunesse. Je ne retrouvais plus l’aiguille à tricoter qui me sert à piquer la saucisse. J’ai utilisé ma foreuse. La saucisse a perdu le nord, comme l’aiguille d’une boussole qui devient folle. Je n’avais jamais vu une saucisse tourner aussi vite. J’étais médusé comme un radeau. J’aurais du remarquer que la saucisse commençait à tourner moins vite et penser que je forais dans la poêle ». « Et que s’est-il passé ? ». « La poêle s’est mise aussi à tourner. Bien qu’une poêle soit du genre féminin, une poêle a une queue. Celle-ci s’est mise également à tourner, renversant tout sur son passage, éventrant le sac de farine, projetant la boîte avec les œufs par terre, expédiant le poêlon avec la sauce au roquefort, me donnant des coups de queue au mauvais endroit à chaque passage. J’ai crié Arrête, arrête, salope. Quelqu’un, le peintre en bâtiment je suppose, a saisi la toile anti incendie, vous savez, celle qu’on jette sur la friteuse si elle prend feu, et m’a enveloppé en criant : Je l’ai, vous pouvez sortir de l’armoire. C’est vrai qu’en dessous de moi il y a une armoire mais je n’étais pas dedans. Crispé, j’ai gardé machinalement le doigt sur la gâchette de la foreuse. Je sentais bien que je n’étais plus dans la saucisse mais je ne pensais pas que je transformais le mur en représentation d’emmenthal en trois dimensions. Dommage que ce ne soit pas le côté du mur qui donne vers le jardin, j’aurais eu une vingtaine de nichoirs. Et en dur. Un conseil, n’encastrez jamais vos conduites si vous comptez utiliser une foreuse pour piquer la saucisse. J’ai tout eu : l’eau, le gaz, l’électricité, le téléphone et même le vide-poubelle. Ce qui m’a sauvé de l’asphyxie et d’autre chose, parce que l’autre zouave, tout excité à l’idée qu’il avait une nana ficelée dans sa toile et parce qu’il commençait à devenir dangereux vu qu’il exprimait ses souhaits de vouloir entnûûût sa proie, ce fut la panne d’électricité. Personnellement je n’avais rien vu puisque j’étais dans le noir mais j’ai bien entendu que je n’entendais plus la foreuse. Le zouave s’était sauvé. Peur du noir. Libéré, j’ai craqué une allumette pour retrouver la saucisse car j’avais faim. Déjà avant mais, en plus, les émotions ça creuse. Je n’aurais pas du craquer l’allumette. Le gaz. Je suis chauve. Chauve de la tête. Ailleurs ça va, c’est comme avant, on aime ou on n’aime pas. Je m’en suis sorti en rampant jusqu’à ce qu’une crotte de chien récente me fasse comprendre olfactivement que j’étais à l’extérieur. La catastrophe, c’est quand je me suis retourné. Bande de salauds, vous croyiez que j’avais mis ma main dans la crotte de chien, n’est-ce pas. Non, j’ai vu la fumée, puis, toujours en rampant parce que je trouvais la situation plus confortable, j’ai retrouvé manuellement la sauce au roquefort, la farine, les œufs, puis la poêle. Oh, une passoire à un trou. Bref, si je suis moins souvent à écrire des messages, c’est parce que j’ai des trous à boucher et quelques petites bricoles à terminer. Mais, c’est promis, je reviendrai, comme la grippe.

08:15 Écrit par cuisine facile dans cuisine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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